Les vacances en famille, c’est un peu comme de retrouver un bon fauteuil. C’est agréable et ça ne change pas. Maman continue à engueuler la guide quotidiennement, à proposer des programmes alternatifs en permanence et à profiter du moindre instant d’inattention pour disparaître dans la nature. Papa, lui, ronchonne en découvrant ses œufs brouillés trop cuits par quelque batave hôtelière le matin, s’annonce à l’article de la mort à chaque fois qu’il faut sortir de la bagnole et faire trois pas, découvre les joies de la tradition religieuse et soigne son rectum très gravement endommagé par 40 minutes de cheval. Pendant ce temps, on prend toutes les photos en double ou en triple, le nain flatule sans relâche et nous arborons tous quatre cette complicité insupportable pour le guide de base. C’est amusant de voir que même maîtrisant parfaitement la langue, l’autochtone ne décèle jamais (ou très rarement) l’ironie et répond en trois parties fort bien argumentées à toute tentative de trait d’esprit.
Et puis c’est quand même sympa de retrouver ces bons vieux pays de miguels sans aucune caractéristique culturelle notable. Il faut savoir que la bouffe du Costa Rica est aussi mauvaise que ses femmes sont laides (avec un systématisme qui défie toutes les lois connues de probabilité) ou sa capitale ridicule (San José… vous vous attendiez à quoi ?). Je vous le donne Emile, la spécialité culinaire du coin, c’est une escalope de poulet avec de la salade, du riz et des haricots rouges.
…
Hé mais ce serait pas aussi la spécialité du Mexique ? et du Pérou ? et de la Bolivie ? et du Guatemala ? et du Honduras ?
Ben si.
Ils sont vraiment impayables ces mecs, ils font tous la même chose et ils nous font croire que c’est de chez eux… Ils donnent un nom en –ados ou –ilas (genre pollodados ou enchilamilas, chacun a le sien) pour nous faire croire que c’est différent. Mais c’est pareil. Rendez-vous compte qu’ils n’ont même pas une espèce d’alcool local imbuvable à nous servir à l’apéro. Invraisemblable. Et je ne vous parle pas des sushis que nous a infligé Gasp le premier soir (des sushis à San José, vraiment ?).
Heureusement, y’a les volcans. Le but du voyage, me direz-vous… Eh ben, croyez-le ou non mais rien ne ressemble autant à un volcan dans la brume qu’un autre volcan dans la brume. Tiens, là c’est le Poas derrière ce nuage. Et derrière cet autre nuage, c’est l’Arenal. La guide nous propose une petite séance Youtube pour nous montrer comment c’est quand on voit. On apprécie le geste mais bon, on s’est pas farci 15h de voyage pour regarder Nicolas Hulot. J’exagère. La nature est sublime et c’est même plutôt marrant de se cogner des torrents de pluie, de la brume, quelques coulées de lave timides au milieu de ces forêts incroyablement luxuriantes. On se croirait entre la Skull Island de King Kong et la jungle amazonienne de l’excellent « A la Poursuite du Diamant Vert » (que vous devez tous avoir vus sous peine d’ostracisme immédiat). J’aime beaucoup. Et puis comme ça, on est trois fois plus contents quand on a du soleil comme aujourd’hui…
Bon allez, il y a un bon car d’Allemands qui vient d’arriver à l’hôtel et je n’ai pas encore vu s’ils avaient des chaussettes dans leurs sandales. Le devoir m’appelle.
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